Un De Dion Bouton dans le Noyonnais, 30-31 octobre 2011-partie 1

Comme promis, le récit de l’inter-étape à Tracy-le-Mont par Jean-Michel Nowak . Le récit de Jean Michel étant un peu long je vaisl e publier en deux fois (je sais, c’est une bonne excuse pour faire un article de plus à peu de frais… J’ai aussi dans les tuyaux, le récit de la journée du 2 Novembre, l’inter-étape 5-6 par Cyril Mille. Sans plus attendre donc, je laisse la parole à Jean Michel secrétaire de l’Association Patrimoine de la Grande Guerre.

Journée du dimanche 30 octobre 2011, Noyon, Tracy-le-Val, Tracy-le-Mont, Pont-
L’Evêque

Le camion De Dion Bouton de Dominique, après avoir connu quelques soucis lors du trajet de Bapaume à Fresnoy-le-Grand, quitte cette dernière localité avec près d’une demi-journée d’avance par rapport au programme initial. Ce dimanche 30 octobre, il arrive, sans coup férir, à Noyon, à 11h30… avec plus de 5 heures d’avance sur l’horaire initialement convenu…

L’association Patrimoine de la Grande Guerre s’étant rapidement mobilisée, Dominique, qui a prévenu de son arrivée, est pris en charge par Renaud d’Esqueyrac, dont la famille est propriétaire du Mont-Renaud, haut-lieu des combats de mars-avril 1918.

Ensemble, ils se rendent à Tracy-le-Val, dans le domaine familial. Le De Dion Bouton est réceptionné quelques heures plus tard à Tracy-le-Mont, où le dévoué M. Sellier, employé municipal, conduit Dominique et les membres de la famille d’Esqueyrac jusqu’au local technique d’Ollencourt (commune de Tracy-le-Mont), mis à la disposition par la municipalité, afin d’héberger le camion qui va y passer les deux prochaines nuits.

Dominique profite de cet après-midi du dimanche 30 pour se reposer et faire plus ample connaissance avec ses hôtes. Il passera les deux nuits de son séjour dans l’Oise, au domicile de la famille d’Esqueyrac à Pont-L’Evêque, près de Noyon.

Lundi 31 octobre 2011, Tracy-le-Mont

J’ai rendez-vous avec Dominique, encore sous le charme de son séjour dans la famille d’Esqueyrac, à Tracy-le-Mont, lundi 31 octobre à 10h00. Rencontre chaleureuse au local technique d’Ollencourt, où le camion De Dion a lui aussi passé une bonne nuit…

En compagnie de M. Sellier, venu ouvrir les portes du local, Dominique gagne les hauteurs du village de Tracy-le-Mont, où il arrive sans encombre.

Je le suis en voiture, sans louper une miette du spectacle. Les riverains sont éberlués ! Le camion stationne pour le reste de la journée sur la place, près de l’église et de la mairie, où se trouve le départ du circuit historique 14-18 inauguré en novembre 2010…
Dominique sort le casse-croûte avant de me suivre pour une visite expresse de quelques-uns des sites majeurs de la Grande Guerre dans le secteur de Tracy-le-Mont et du saillant de Quennevières…


En milieu de journée, la visite du secteur commence pour Dominique. Je lui servirai de guide… Nous sommes près du saillant de Quennevières. Ici, les sites et vestiges de la Grande Guerre ne manquent pas… Il n’y a que l’embarras du choix. Compte tenu du temps imparti, il faut choisir quelques sites vraiment emblématiques de ce front de l’est noyonnais…

Dominique a troqué (provisoirement) son De Dion contre ma Ford Fusion, à bord de laquelle je le conduis d’abord au hameau de Bernanval. Là, Dominique découvre le poste de secours français « La Pansée » avec son quatrain toujours visible au fronton de cette maison de type « soissonnaise », qui invite le « poilu » blessé à aller y trouver refuge, puis le bâtiment des douches, où les poilus descendant du Bois Saint-Mard et du front de Puisaleine, allaient s’épouiller… Dominique peut également découvrir le jalonnement du circuit 14-18 mis en place par la municipalité de Tracy-le-Mont…

La visite se poursuit à Bimont, où Dominique découvre la ferme qui servit de poste de commandement aux régiments français du secteur, le lavoir restauré cet été par les jeunes bénévoles de l’association « Concordia » et l’ancien cimetière provisoire aujourd’hui désaffecté…

Dominique tombe en arrêt devant les numéros de régiments de Nantes, d’Ancenis, de Lorient, qui figurent sur le monument funéraire subsistant… Les Bretons se sont en effet battus dans le secteur, entre 1914 et 1916, et beaucoup y sont morts…

Nous rencontrons également des promeneurs du souvenir, venus découvrir tous ces lieux de la Grande Guerre, mis en valeur par la commune de Tracy-le-Mont… Un échange passionné s’ensuit…

Le temps presse… Il faut poursuivre : la presse et le groupe d’histoire vivante 14-18 en Somme sont attendus en début d’après-midi à Tracy-le-Mont. Nous reprenons la voiture, après cette petite visite pédestre de Bimont, et nous nous dirigeons au cœur du village de Tracy, pour une visite-éclair de l’observatoire français et du cimetière communal, où reposent quelques poilus tombés dans le secteur, dont le colonel Laparra, commandant le 60e RI, tué près d’Autrêches, en 1915. Nous prenons la direction du parc d’Offémont, en lisière de Tracy, où le général Nivelle dirigea son offensive sur le saillant de Quennevières, en juin 15 depuis la « maison du Garde ».

La visite se poursuit à la carrière de la Maison du Garde, dont l’aspect circulaire de la rotonde centrale étonne Dominique… Une photo et nous repartons… Nous passons devant la nécropole nationale, où sommeillent de très nombreux zouaves, tirailleurs et soldats bretons.

Nous voici à Quennevières. La ferme reconstruite n’a rien vu de 14-18 mais le lieu est historique. Les plaques des régiments de zouaves et la stèle des anciens combattants de la Loire-Inférieure (inaugurée en 1932) rappellent les combats dans le secteur. Dominique est aux anges : des « pays » ont laissé une trace de leur passage. La photo-souvenir s’impose !

La promenade se poursuit tambour battant : passage au carrefour de la Bascule de Quennevières, aperçu rapide du ravin du Martinet, de Touvent, du front vers Nampcel, où commença la « course à la mer », en septembre 14…

Vient ensuite la visite de Puisaleine et de ses innombrables vestiges…

Le poilu du 102e RIT qui accueille le visiteur à la carrière Mingasson, dans la cuvette de Puisaleine…

Depuis le sommet du plateau de Quennevières, une vue circulaire est possible sur tout le nord du saillant. M’appuyant sur une carte du front, je décris les lieux entre 1914 et 1918, à Dominique, qui ne perd pas une miette. Traversée des anciennes lignes et rapide visite à la Butte des Zouaves, puis de la carrière Mingasson… Le déjeuner est rapidement avalé en cours de chemin.

Et j’interromps ici le récit, gardant la suite pour demain, avec plein de photos “d’époque” !

Un très grand merci à Jean-Michel pour son implication dans ce projet.

Bonne route!

Published in: on 4 novembre 2011 at 21 h 04 min  Commentaires (2)  

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2 CommentairesLaisser un commentaire

  1. [...] La suite de l’épisode 1: [...]

  2. TRES COURAGEUX A VOUS


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